Information complète à destination des patients
Cette page d’information médicale a pour objectif de vous expliquer de façon claire, détaillée et accessible ce qu’est l’ostéotomie périacétabulaire (OPA). Vous y trouverez des explications sur l’anatomie de la hanche, la dysplasie, les raisons pour lesquelles une ostéotomie peut être proposée, la préparation à l’intervention, le déroulement précis de l’opération, les suites post-opératoires, la rééducation, les résultats à long terme, ainsi qu’une foire aux questions répondant aux interrogations les plus fréquentes des patients.
Cette chirurgie s’adresse principalement aux patients jeunes ou d’âge intermédiaire présentant une dysplasie de hanche douloureuse, avant l’apparition d’une arthrose avancée.
1. Anatomie et fonctionnement normal de la hanche
La hanche est une articulation portante majeure, sollicitée à chaque pas. Elle relie le membre inférieur au bassin et permet à la fois la stabilité du corps et une grande amplitude de mouvements.
Les structures osseuses
La hanche est une articulation dite « sphéroïde » ou « en boule et cavité » :
- La tête fémorale, située à l’extrémité supérieure du fémur, a une forme sphérique.
- Le cotyle (ou acétabulum) est une cavité osseuse appartenant au bassin, dans laquelle vient s’emboîter la tête fémorale.
Le cartilage articulaire
Les surfaces osseuses sont recouvertes de cartilage, un tissu lisse et résistant qui permet : – un glissement fluide sans frottement, – une répartition homogène des contraintes, – une absorption partielle des chocs.
Les structures de stabilisation
La stabilité de la hanche repose sur : – la forme du cotyle et sa couverture de la tête fémorale, – la capsule articulaire, – les ligaments, – les muscles péri-articulaires (fessiers, psoas, muscles rotateurs).
Une hanche normale est à la fois stable, mobile et indolore.
2. La dysplasie de hanche chez l’adulte
Définition :
La dysplasie de hanche correspond à une anomalie de forme ou d’orientation du cotyle. Celui-ci ne couvre pas suffisamment la tête fémorale.
Conséquences et évolution naturelle :
Cette mauvaise couverture entraîne une surcharge mécanique localisée du cartilage, responsable de douleurs mécaniques et d’une usure prématurée pouvant conduire à une arthrose de hanche à un âge précoce.
3. Pourquoi proposer une ostéotomie périacétabulaire ?
Avant d’envisager une chirurgie, des traitements conservateurs peuvent être proposés :
- Adaptation des activités sportives et quotidiennes,
- Kinésithérapie ciblée,
- Renforcement musculaire,
- – Traitement antalgique.
- Infiltrations (corticoïdes, PRP..)
Lorsque ces mesures deviennent insuffisantes et que la douleur persiste, la chirurgie peut être discutée.
L’ostéotomie périacétabulaire est une chirurgie conservatrice, indiquée lorsque le cartilage est encore suffisamment préservé.
Elle vise à corriger la cause mécanique de la douleur et à préserver la hanche naturelle le plus longtemps possible.
4. Principe de l’ostéotomie périacétabulaire
L’intervention consiste à découper l’os autour du cotyle afin de pouvoir le repositionner avec une orientation plus favorable, améliorant la stabilité et la répartition des contraintes.
5. Préparation à l’intervention chirurgicale
Bilan clinique et radiologique approfondi :
Le bilan comprend : – radiographies standardisées, – IRM pour analyser le cartilage et le labrum, – scanner si nécessaire pour la planification tridimensionnelle.
Optimisation préopératoire :
- Arrêt du tabac,
- Maintien ou reprise d’une activité physique adaptée,
- Préparation musculaire possible.
6. Déroulement détaillé de l’ostéotomie périacétabulaire
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, par une voie d’abord antérieure. Plusieurs ostéotomies sont réalisées autour du cotyle, qui est ensuite mobilisé, réorienté avec précision, puis fixé par des vis.
La durée opératoire moyenne est de 2 à 3 heures.
7. Suites post-opératoires et rééducation
L’appui est partiel pendant 6 à 8 semaines. La rééducation débute précocement et se poursuit plusieurs mois afin de récupérer mobilité, force et stabilité.
8. Résultats à long terme
Lorsqu’elle est réalisée au bon moment, l’OPA permet une amélioration durable de la douleur et de la fonction, tout en retardant significativement l’évolution vers l’arthrose et la mise en place d’une prothèse de hanche.
Il est important de comprendre que la dysplasie de hanche évolue lentement. Les symptômes peuvent fluctuer pendant plusieurs années avant de devenir réellement invalidants. L’objectif de l’ostéotomie périacétabulaire n’est donc pas uniquement de traiter la douleur actuelle, mais surtout de modifier l’évolution naturelle de la hanche sur le long terme.
Chez les patients bien sélectionnés, cette intervention permet souvent de préserver la hanche pendant 10, 20 ans ou plus, en maintenant un bon niveau de fonction.
Foire aux questions (FAQ)
La récupération complète s’étale généralement entre 6 et 12 mois.
Oui, la majorité des patients reprennent une activité sportive adaptée après plusieurs mois.
Elles sont le plus souvent conservées.
La douleur post-opératoire est réelle mais aujourd’hui bien contrôlée grâce à des protocoles antalgiques modernes. Elle diminue progressivement au fil des semaines.
L’objectif est au contraire d’améliorer la fonction. Une raideur transitoire est possible au début, mais la majorité des patients récupèrent une mobilité satisfaisante avec la rééducation.
Oui, si les deux hanches sont concernées, l’intervention peut être réalisée de façon différée, en laissant le temps à la première hanche de récupérer.
Il n’existe pas de limite d’âge absolue. L’indication repose davantage sur l’état du cartilage et la symptomatologie que sur l’âge chronologique.
La reprise des activités de la vie quotidienne est progressive. Une autonomie correcte est généralement retrouvée en quelques semaines, mais la récupération complète peut prendre jusqu’à un an.
L’avis du Dr Majed Issa
L’ostéotomie périacétabulaire est une chirurgie exigeante qui doit être proposée au bon moment. Bien indiquée et bien réalisée, elle permet de préserver la hanche naturelle et d’offrir aux patients jeunes une solution durable.
Chez le patient jeune, la prothèse totale de hanche n’est pas le traitement de première intention. Même si les prothèses actuelles sont performantes, leur durée de vie reste limitée. On parle d’une vingtaine d’années. Donc plus la prothèse est posée jeune, plus le risque de reprise chirurgicale ultérieure est probable.
L’ostéotomie périacétabulaire permet donc, lorsque cela est possible, de retarder significativement la pose d’une prothèse, voire de l’éviter.
Pour toute information complémentaire, vous pouvez consulter le site www.drmajedissa.com ou prendre rendez-vous pour une consultation spécialisée.



