Conflit fémoro-acétabulaire (CFA)
Information médicale complète à destination des patients
Cette page a pour objectif de fournir une information claire, détaillée et approfondie sur le conflit fémoro-acétabulaire (CFA), également appelé femoroacetabular impingement (FAI). Elle s’adresse aux patients souffrant de douleurs de hanche, en particulier aux adultes jeunes et physiquement actifs, et vise à répondre aux questions les plus fréquentes concernant le diagnostic, les examens d’imagerie, les options thérapeutiques et la prise en charge chirurgicale par arthroscopie de hanche ou par voie antérieure mini-invasive.
Le conflit fémoro-acétabulaire est aujourd’hui reconnu comme l’une des principales causes de douleurs mécaniques de hanche chez l’adulte jeune et comme un facteur majeur d’arthrose précoce lorsqu’il n’est pas traité de manière adaptée.
1 - Anatomie détaillée de l’articulation de la hanche
La hanche est une articulation profonde, très stable, qui supporte le poids du corps et permet des mouvements amples et précis indispensables à la marche, à la course et aux activités sportives.
Elle est constituée de :
- la tête fémorale, structure sphérique située à l’extrémité supérieure du fémur,
- le cotyle (ou acétabulum), cavité osseuse du bassin qui reçoit la tête fémorale.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage articulaire, tissu lisse et résistant permettant un glissement quasi sans friction et une répartition homogène des contraintes mécaniques.
La stabilité de la hanche repose également sur : – le labrum acétabulaire, bourrelet fibrocartilagineux qui améliore la stabilité, la congruence et l’étanchéité de l’articulation, – la capsule articulaire et les ligaments, – les muscles péri-articulaires, qui assurent la stabilité dynamique de la hanche.
Une hanche normale est stable, mobile et indolore.
2. Qu’est-ce que le conflit fémoro-acétabulaire ?
Le conflit fémoro-acétabulaire correspond à un contact mécanique anormal, répétitif et pathologique entre la jonction tête-col du fémur et le rebord du cotyle lors de certains mouvements de la hanche, principalement la flexion et les rotations.
Ce conflit entraîne progressivement :
- des lésions du labrum,
- une atteinte du cartilage articulaire,
- une inflammation chronique de l’articulation.
À long terme, ces lésions peuvent évoluer vers une arthrose précoce de la hanche, parfois dès la trentaine ou la quarantaine.
3. Les différents types de conflit fémoro-acétabulaire
Le conflit de type CAM est lié à une anomalie de forme de la jonction tête-col du fémur, qui perd sa sphéricité normale. Lors des mouvements, cette proéminence osseuse vient buter contre le rebord du cotyle, entraînant des lésions progressives du labrum et du cartilage.
Ce type de conflit est plus fréquemment observé chez les hommes jeunes et chez les sportifs.
Le conflit de type PINCER est lié à une sur-couverture de la tête fémorale par le cotyle, responsable d’un contact prématuré lors des mouvements. Il est plus souvent observé chez la femme.
Il associe les mécanismes CAM et PINCER et représente la situation la plus fréquente en pratique clinique.
4. Causes et facteurs favorisants
Le conflit fémoro-acétabulaire peut être favorisé par :
- Des variations anatomiques constitutionnelles,
- La pratique intensive ou répétée de sports sollicitant fortement la hanche (football, sports de combat, danse, hockey, sports de pivot),
- Des contraintes mécaniques importantes dès l’adolescence,
- Certaines activités professionnelles physiquement exigeantes.
5. Symptômes du conflit fémoro-acétabulaire
Les symptômes apparaissent généralement de façon progressive et peuvent inclure :
- Des douleurs de l’aine ou de la face antérieure de la hanche,
- Des douleurs mécaniques déclenchées ou aggravées par l’activité physique,
- Une gêne lors de la position assise prolongée,
- Une diminution de la mobilité de la hanche,
- Parfois des sensations de blocage, de claquement ou d’accrochage.
Ces symptômes peuvent avoir un retentissement important sur la pratique sportive et la qualité de vie.
6. Bilan diagnostique
L’examen clinique recherche une douleur reproduite par certains tests spécifiques, ainsi qu’une limitation des amplitudes articulaires.
Le bilan d’imagerie comprend généralement :
- Des radiographies standards du bassin et des hanches,
- Une IRM ou une arthro-IRM pour analyser l’état du labrum et du cartilage,
- Un scanner ou arthroscanner dans certains cas afin d’obtenir une analyse morphologique fine et de planifier précisément la chirurgie.
7. Traitements non chirurgicaux
Un traitement conservateur est quasi systématiquement proposé en première intention et peut souvent être suffisant pour résoudre le problème. Il comprend :
- L’adaptation des activités physiques et des mauvaises positions quotidiennes régulières,
- Une kinésithérapie ciblée,
- Le renforcement musculaire,
- Des traitements antalgiques ou anti-inflammatoires.
- Des infiltrations (corticoïdes, PRP, acide hyaluronique..)
Ces mesures peuvent soulager les symptômes mais ne corrigent pas l’anomalie osseuse responsable du conflit.
8. Indications du traitement chirurgical
Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsque :
- Les douleurs persistent malgré un traitement conservateur bien conduit,
- La gêne fonctionnelle devient significative,
- Les lésions articulaires restent potentiellement réversibles (absence d’arthrose avancée).
L’objectif est une chirurgie conservatrice de la hanche, visant à préserver l’articulation naturelle.
9. Arthroscopie de hanche
Principe
L’arthroscopie de hanche est une technique mini-invasive réalisée à l’aide d’une caméra et d’instruments spécifiques introduits par de petites incisions cutanées.
Gestes réalisés
Selon les lésions observées, le chirurgien peut réaliser : – la résection de la bosse fémorale responsable du conflit CAM, – la correction de la sur-couverture acétabulaire dans les conflits PINCER, – la réparation ou la préservation du labrum, – le traitement des lésions cartilagineuses associées.
Avantages
- incisions de très petite taille,
- respect maximal des muscles,
- récupération fonctionnelle généralement plus rapide.
10. Voie antérieure mini-invasive
La voie antérieure mini-invasive permet un accès direct à l’articulation de la hanche en passant entre les muscles, sans les sectionner.
Elle peut être indiquée dans certaines situations anatomiques particulières ou lorsque des corrections osseuses plus étendues sont nécessaires.
11. Préparation préopératoire
La préparation à l’intervention comprend :
- Un bilan clinique et radiologique complet,
- Une consultation d’anesthésie,
- L’arrêt du tabac, fortement recommandé,
- L’organisation de la rééducation et du retour à domicile.
12. Déroulement de l’intervention
Deux à quatre petites incisions cutanées de 1 cm sont réalisées à l’avant de votre hanche, permettant le passage de la caméra d’arthroscopie de 4mm, ainsi que les instruments fins spécialisés.
Ces incisions sont fermées avec des fils résorbables, ne nécessitant pas d’ablation de points de suture.
L’intervention se fait sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Sa durée varie généralement entre 1 h 30 et 3 heures, selon la complexité des gestes nécessaires.
13. Suites post-opératoires
Hospitalisation habituelle
- arthroscopie de hanche : 1 jour (ambulatoire),
- voie antérieure mini-invasive : 1 jour (ambulatoire).
Appui
L’appui est le plus souvent autorisé immédiatement, sous protection de béquilles pendant une période transitoire de 4 à 6 semaines.
14. Rééducation et récupération
La rééducation est un élément essentiel du traitement. Elle vise à :
- Restaurer progressivement la mobilité,
- Renforcer les muscles de la hanche,
- Corriger les schémas de mouvement.
15. Reprise des activités et du sport
- Activités de la vie quotidienne : en quelques semaines,
- Sports sans impact : 3 mois,
- Sports avec pivot ou impact : 6 mois, selon l’évolution individuelle.
16. Résultats à long terme
Lorsqu’il est traité à un stade précoce, le conflit fémoro-acétabulaire permet :
- Une diminution durable des douleurs,
- Une amélioration significative de la fonction de la hanche,
- Une réduction du risque d’arthrose précoce.
A noter que l’amélioration clinique après cette intervention (disparition des douleurs, récupération de la souplesse articulaire) peut dans certains cas être très progressive et s’étendre parfois sur 12 à 18 mois.
17. Risques et complications
Comme toute intervention chirurgicale, cette chirurgie comporte des risques, notamment :
- Raideur articulaire,
- Douleurs persistantes,
- Evolution arthrosique progressive malgré une bonne correction chirurgicale
- Infection,
- Thrombophlébite
Foire aux questions (FAQ)
La durée de l’arrêt de travail varie généralement entre 4 et 8 semaines, en fonction de l’activité professionnelle exercée.
Dans la majorité des cas, une reprise du sport est possible après une rééducation adaptée et progressive.
Message aux patients
Le conflit fémoro-acétabulaire est une pathologie fréquente chez l’adulte jeune et actif. Lorsqu’il est correctement diagnostiqué et pris en charge de manière adaptée, il peut être traité efficacement par des techniques chirurgicales modernes et conservatrices, permettant de préserver la hanche naturelle et de maintenir une vie active.
Cette page d’information ne remplace pas une consultation spécialisée, qui reste indispensable pour établir un diagnostic précis et proposer un traitement personnalisé.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site www.drmajedissa.com.



